
Une montagne grignotée par une carrière, des squats transformés en immeubles au béton clinquant, une ville dévastée par l’exploitation minière sont autant de lieux explorés par Antoine Rubin qui interroge notre façon d’habiter le monde dès lors qu’il semble promis aux ruines.
Antoine Rubin a grandi à Saint-Imier et vit à Bienne. Son livre parle du Jura, mais sa quête le mène jusqu’au Canada et il touche à des thématiques universelles.
Voilà un texte engagé qui questionne, fait réfléchir et propose des pistes de résistance. L’auteur observe et décrit avec finesse nos sociétés et même si on sent bien de quel côté son cœur balance, c’est sans jugement, jamais noir ou blanc. Son propos est riche, profond, philosophique et plein d’humour. J’ai notamment adoré la légende de St-Ursanne revisitée, c’est drôle et piquant !
Un livre qui ne cache rien de l’état préoccupant du monde, mais qui donne envie de continuer à espérer et vivre ensemble.
« Chez moi est politique, parce que là d’où je viens, le Jura, il peut appartenir à un canton ou un autre. […] Chez moi sépare. Alors depuis, je me contente de dire que je viens d’un massif. Un massif uni de calcaire qu’on appelle le Jura, une chaîne de montagnes qui court sur sept cantons et deux pays. C’est là, chez moi. Des vallons, des vallées, des combes, des forêts et puis des villages et même des villes au pied des montagnes ou à leurs sommets. Et là d’où je viens, il paraît que les premiers habitants auraient été des saints. »

