Bibliobus, Médiathèque

40 ans d'anecdotes

En 40 ans, les bibliothécaires ont récolté quelques anecdotes croustillantes... en voici quelques-unes que nous partageons bien volontiers avec vous.

Et vous ? Avez-vous une ou plusieurs anecdotes amusantes, insolites, étonnantes, avec le Bibliobus ? Souhaitez-vous la partager avec nous ?

N'hésitez pas à nous envoyer votre anecdote à l'adresse: bibliobus@bibliobus.ch. Nous la publierons ensuite sur cette page.

Le Bibliobus, un service de l'extrême...

Dans les bibliobus, nous sommes des bibliothécaires tous terrains, directement exposés aux aléas climatiques : tempêtes de neige et glissades (de plus en plus exceptionnelles heureusement), trombes d’eaux (il faut colmater les fuites du toit parfois),  vents tempétueux (accrochés au volant que nous sommes), canicules  (à plus de 40 degrés dans les bus, le sauna est garanti… ou le hammam en cas d’été humide),  pluies verglaçantes (heureusement rares… mais une fois un bibliobus a dû être abandonné à Sonceboz sur le parking devenu lac de glace) …

A la belle saison, nous devons affronter les  milliers de mouches qui se précipitent à l’intérieur du bibliobus dès l’ouverture de la porte et contre lesquelles nous devons nous battre à l’aide de deux tapes-mouches, un dans chaque main - ou alors résister stoïquement sans un mouvement lorsqu’elles tournoient autour du poste de conduite.

Il faut aussi parfois faire face aux pannes, aux coupures de chauffage en hiver, aux portes qui restent bloquées, aux fenêtres qui se referment sur les doigts, aux fuites d’air, d’huile, aux rochers ou aux arbres qui tombent sur la route !

Chaque chauffeur a ses particularités physiques et doit par exemple apprendre à trouver le délicat équilibre entre satisfaire sa soif ou ses besoins naturels... car nous n'avons pas de toilettes à disposition. Nous évitons aussi à tout prix de regarder de trop près ces merveilleux livres sur les desserts lorsqu’on approche de 19h et que nous devons encore attendre 2h avant de pouvoir manger...

Le premier bibliothécaire-chauffeur et directeur du Bibliobus se souvient de la conduite particulière du tout premier camion: "A l'époque, l'autoroute A16 était loin d'être construite. Au sommet du col des Rangiers, nous atteignions péniblement les 17 km/h ! Et le camion consommait 2 litres d'huile aux 100 km. Il n'y avait pas de direction assistée, et le moteur qui se trouvait dans la cabine était tellement bruyant que le chauffeur et le bibliothécaire devaient crier pour pouvoir se parler!

Durant les 20 premières années, les véhicules partaient toujours à froid. Il était impossible de chauffer un tant soit peu l’habitacle. Il est même arrivé d’effectuer le service de prêt avec des doudounes. Quant aux livres, très froids, le fait de les avoir plastifiés faisait que, parfois, ils collaient entre eux..."

 

Sortez couverts...

Les lecteurs de Saulcy se rappellent peut-être du jour où, en montant dans le bus, ils tombèrent nez à nez avec un sac de livres accroché à la canne d’un parapluie, pendant du plafond.

Midi sonnait et le stationnement de Lajoux touchait à sa fin… ou à sa faim ! En effet, je devais avoir les crocs, car voulant rabattre les fenêtres de toit pour prendre la route du restaurant de Saulcy, j’ai du tirer un peu fort… ce qui a provoqué l’explosion en mille morceaux de la fenêtre ! Mon estomac attendra : il nous a fallu, moi et la pauvre stagiaire qui m’accompagnait, ramasser les débris de verres qui avaient atterri dans les rayonnages et les bacs de livres. Une fois à Saulcy, il se mit à pleuvoir… Bien sûr ! L’idée m’est alors venue de couvrir le trou béant de la fenêtre avec un parapluie – qui heureusement était de la bonne taille – et de le lester avec un sac rempli de livres.

Le plus triste dans cette histoire est que nous avons du avaler notre entrecôte en 30 minutes… mais, Dieu, ce qu’elle nous a semblé bonne !

Antoine, bibliothécaire chauffeur

Drôles de marque-page !

Quels objets, utilisés comme signet et oubliés ensuite par les lecteurs, peut-on retrouver dans les livres rendus ?

Les cartes… les lettres (d’amour ou de mise au point)…  les photos de famille ou d’animaux… les bricolages d’enfants… les règles… les barrettes… les legos… les mouchoirs (en général non utilisés)… une fois un (faux) billet de Fr. 100.- … les crayons et stylos… les billets de train, d’avion, de bus… les papiers de chocolat (vides)…  les tickets de caisse… les cartes pokemon… les factures…  les ordonnances… et très souvent :  les bouts de papier toilette (propre, heureusement !)… et plus encore !

Ma première tournée en Enfer !

Petit nouveau bibliothécaire-chauffeur du Bibliobus, je garderai le souvenir de ma première tournée dans le village où je vis : Les Enfers. Ce « bled » porte très mal son nom, car l’accueil que j’ai reçu fut paradisiaque. Croissant, café, avec un sucre et une touillette, s’il vous plaît. Même la météo était avec nous. En ce samedi matin du mois de mars de l’année 2016, il faisait bon vivre au centre des Enfers !

Antoine, bibliothécaire chauffeur

Faim de lecture !

Tout le monde aime les livres du Bibliobus ! A tel point que même les animaux en ont déjà dévoré : des chiens (le plus souvent), des chats, des souris, des hamsters, des cochons d’Inde, un perroquet…  et même une personne en colère une fois !

Histoires à l'eau de rose

Je fais une remarque à une dame âgée qui me rendait régulièrement des livres avec des traces de papier autocollant sur la couverture. Cette dame lisait beaucoup de romans d'amour, particulièrement ceux de Barbara Cartland. Elle m'explique la raison de la présence de reste de colle sur les couvertures ainsi :

"Vous avez vu l'allure de ces robes sur la couverture, ces décolletés !  Je ne veux pas que ça donne des idées à mon mari, alors je mets du scotch !"

Une autre dame très âgée qui lit régulièrement des romans à l'eau de rose emprunte un roman intitulé : "Les soirées du général".  La couverture, dans le style très romantique, avec un joli coucher de soleil, ne laisse pas vraiment augurer le contenu très érotique de ce roman.  Je lui en fait la remarque pour qu'elle ne soit pas surprise lors de sa lecture. Elle me répond en souriant qu'à son âge on peut tout lire !

Depuis je m'abstiens de faire ce genre de remarque aux vieilles dames…

Nicolas, bibliothécaire chauffeur

Vous en êtes bien sûr...?

Nos lecteurs nous demandent souvent si nous possédons tel ou tel titre de livre. Cela donne parfois lieu à de drôles de situations. Ainsi, on nous a demandé par exemple:

  • « Vous avez le petit cœur de René Prêtre ? »
  • « Vous avez des stèles ? » (= des romans de Danielle Steel)
  • Je cherche « L’écureuil qui fait sa crise » (en fait, « Monsieur le Curé fait sa crise » !)
  • « Le cœur des loupes » au lieu de « Le cœur des louves »
  • un érudit nous demande un jour: « Je cherche un livre sur le vélocipède »

 

Une lectrice demande un jour : « Avez-vous Carlaservanteros » ? Comme à l'époque l’informatique en bibliothèque n’existait pas, les recherches étaient complexes et nos réservations nécessitaient un grand travail de mémorisation. Le lendemain, j’effectue des recherches : Serait-ce un auteur ? Carla Servanteros ? Recherche infructueuse ! Le mois suivant, j’informe la lectrice que je ne trouve pas cet auteur. La dame me répond « Il s’agit du titre et non d’un auteur ».

 « Connaissez-vous l’auteur madame ? »

« Une jurassienne » répond-elle « mais je n’en sais pas plus ».

La recherche fut fastidieuse, mais au Bibliobus « on n’abdique pas » ! Après moultes consultations et plusieurs contacts avec la lectrice, on découvre qu’il s’agit de « Car la servante est rousse » roman écrit par Mme Yvette Wagner de Delémont !

En espérant que la lecture fut aussi passionnante que les heures de recherches !

Jean-Claude, premier bibliothécaire-chauffeur et directeur, à la retraite

Du côté des enfants

De temps en temps, des enfants un peu inquiets nous demandent : « Mais où dormez-vous dans le bibliobus pendant la nuit ? Il est où votre lit ?»

Et même un jour, une petite fille très empathique, en indiquant la banquette à l’avant du bus : « Mais Madame, la couchette, elle est trop petite pour toi ! »

Régulièrement, nous nous déplaçons en matinée pour présenter le  Bibliobus à des classes de la région. Ces visites sont toujours très animées et donnent parfois lieu à des situations cocasses.

Il y a déjà les élèves, nombreux, qui vous appellent « maîtresse », quand ce n’est pas… « maman » ! Il y a aussi celui qui vous interrompt, alors que vous racontez une histoire de lapin, pour vous parler de  son lapin… pendant 5 bonnes minutes ! Il y a aussi cet élève de classe enfantine qui s’inquiète car il pense que le Bibliobus va démarrer pendant la visite, celui qui a un besoin très urgent à satisfaire, ou encore celui qui connaît déjà tellement bien le Bibliobus qu’il se met à tout expliquer à votre place. Mais le plus impressionnant reste… l’élève qui tombe dans les pommes pendant la visite !

Banquette Un peu petit, le "lit" des bibliothécaires !

Nom de Dieu !

Un lecteur a emprunté depuis plusieurs mois l'ouvrage de Maurice Clavel : "Dieu est Dieu, nom de Dieu!".  Dans cet essai le philosophe français critique les idéologies planétaires et donc la doctrine de l'Eglise catholique.

Après de nombreuses prolongations je demande au lecteur de ramener absolument le livre pour le mois prochain. Il me répond très énervé que ce livre est un scandale et qu'on ne devrait pas écrire des choses pareilles sur l'Eglise et que d'ailleurs ce livre il ne l'a plus, car il l'a brûlé dans son fourneau !!! 

Après les bûchers de l'Inquisition, les fourneaux à bois de Buix…

Nicolas, bibliothécaire chauffeur

Surchauffe de moteur

Un samedi matin, en 1981, à la sortie de Glovelier, durant la montée en direction de St-Brais, un nuage de vapeur se dépose sur le pare-brise ! La température de l’eau du radiateur grimpe dangereusement. Il n'y a qu'une chose à faire: arrêter le moteur !

Mais que faire ? Décision du bibliothécaire : redescendre à Glovelier en se laissant aller en marche arrière, franchir le passage à niveau et descendre jusqu’à la fontaine située à la bifurcation pour Saulcy. Une manœuvre uniquement avec les rétroviseurs et les freins…. Par chance le passage à niveau a été franchi sans encombre. Puis, arrivée à la fontaine, remplir d’eau le radiateur et des bouteilles de réserve, attendre que la température baisse un peu et, grâce à la cabine téléphonique proche (on ne parlait pas de portable à l'époque), téléphoner au garagiste de St-Brais pour organiser la suite et avertir l’enseignante du village que le bibliobus aura du retard.

Finalement : nous sommes arrivés à St-Brais avec une demi-heure de retard. Durant le service de prêt, le garagiste a colmaté au mieux le réservoir d’eau. Ensuite, les déplacements sont effectués à petite allure toute la journée, le service est ainsi assuré dans les 4 communes des Franches-Montagnes prévues au programme !

Les gens avaient de la lecture, c’était l’essentiel pour nous ! Mais quelle transpiration !

Jean-Claude, premier bibliothécaire-chauffeur et directeur, à la retraite

Aujourd’hui…

Beurnevésin 15.15 - 16.15
Bonfol 16.45 - 19.30
Bévilard 16.00 - 19.30
Coeuve 14.15 - 16.45
Courgenay 17.30 - 19.30
Malleray 16.00 - 19.30
Souboz 14.45 - 15.15